Pour votre agrément, voici un extrait du roman pour enfants intitulé « à la recherche du pays des tortues jaunes ».

Il s’agit du deuxième chapitre de cette série d’aventures.
Résumé du chapitre précédent.
Un jeune grillon du nom d’Archibald vivait dans le village des libellules en compagnie de son amie Gaétane, une fourmi également très courageuse.
Ayant entendu parler de l’existence d’un pays mystérieux (celui des tortues jaunes) que personne jusqu’ici n’a jamais trouvé, ils décidèrent de se mettre à sa recherche.
Début du chapitre 2.
(Texte sous copyright de Patrick Huet.)
Archibald et Gaëtane marchaient depuis un long moment sur le chemin, au milieu des prés, et ils n’étaient toujours pas fatigués. Il faisait beau, le soleil brillait sans pour autant être trop chaud.
Le grillon et la fourmi fredonnaient une petite chanson.
« Le soleil, la route, le ciel et le grand vent. Je suis heureux d’aller en avant. Je vais voir un endroit qui m’étonne ; je veux voir le pays des tortues jaunes. »
Tout en haut dans le ciel, un moineau tournait et tournait encore au-dessus de leur tête. Les deux amis ne l’avaient pas aperçu, car il volait très haut. Au bout d’un moment, le moineau descendit et se posa devant eux.
« Tiens, tiens ! Un grillon et une fourmi qui se promènent ensemble. Voilà qui n’est pas courant.
– C’est parce que nous sommes de bons amis. Je m’appelle Archibald et je suis un grillon voyageur.
– Et moi, c’est Gaëtane, je ne suis pas une fourmi voyageuse, mais j’accompagne Archibald dans son tour du monde.
– Le tour du monde ? Cela prendra beaucoup de temps !
– Nous ne sommes pas pressés.
– C’est étrange, tout à l’heure quand je volais, je vous ai entendu chanter. Vous ne parliez pas de tour du monde, mais d’un pays très spécial.
– Le pays des tortues jaunes ! s’écria Gaëtane. Le connaissez-vous ? C’est justement le but de notre voyage. »
Le pigeon frissonna de peur ; il secoua la tête en remuant les ailes.
« Oh, je craignais cela, mes amis ! que vous vous dirigiez vers ce pays que tout le monde redoute ! N’y allez surtout pas ! »
Archibald sursauta.
« Et pourquoi donc ?
– On raconte qu’il se déroule là-bas des mystères à vous refroidir le bec et à vous geler les plumes.
– Mais, quoi ?
– Je l’ignore. C’est très loin d’ici et j’ai trop peur de m’en approcher pour voir ce qui s’y passe. Je ne vais certainement pas le survoler au risque de me faire capturer par quelques monstres cachés. Je ne peux que vous mettre en garde. Beaucoup de gens y sont allés et personne n’en est jamais revenu.
– Peut-être qu’ils ne l’ont pas trouvé.
– C’est possible. D’ailleurs, on ne sait pas si ce pays existe réellement ou si c’est une histoire inventée. En tout cas, je vous conseille d’en visiter un autre. »
Archibald répondit vivement.
« Il n’en est pas question ! Je veux voir ce pays et, foi de grillon, je ne renoncerai pas. »
Gaëtane ajouta.
« Oui, nous le trouverons tous les deux. »
Le pigeon abandonna la discussion et s’envola vers les nuages.
« Continuons notre route, Gaëtane ! Selon Naèva, leur pays s’étend quelque part vers l’est, là où le soleil se lève. Nous finirons par y arriver. »
Ils reprirent leur marche sur le petit chemin. Parfois, ils s’amusaient à se courir après, ou alors, ils sautaient par-dessus de gros cailloux. Archibald tenait toujours son balluchon sur son épaule avec un bâton.
A un moment donné, ils croisèrent une coccinelle. Elle grimpait le long d’une tige de tulipe.
« Bonjour madame la coccinelle ! saluèrent ensemble le grillon et la fourmi.
– Bonjour, mes amis! Dites-moi, où donc allez-vous ainsi, avec ce balluchon sur le dos ?
– Nous recherchons le pays des tortues jaunes.
– Quoi ?! »
La coccinelle fut tellement surprise qu’elle lâcha la tige de tulipe et tomba sur le gazon. Elle roula jusqu’aux pieds de Gaëtane en criant : » Aïe ! ouille ! ouille ! » La fourmi l’aida à se relever.
« Vous ne vous êtes pas fait mal, madame la coccinelle ? »
La coccinelle se remit à l’endroit sur ses pieds en gémissant.
« Ouïlle ! Je ne suis plus très jeune. Toutes ces acrobaties ne sont plus de mon âge… Pour en revenir à notre discussion, ai-je mal entendu tout à l’heure ou avez-vous bien parlé du pays des tortues jaunes ?
– C’est exact, madame la coccinelle, c’est là que nous dirigeons nos pas.
– Mille millions de pétales de marguerite ! N’en faites rien !
– Mais…
– Pas de mais ! Il s’y passe des choses étranges et c’est dangereux. On raconte que tous ceux qui y vont n’en reviennent jamais.
– Peut-être qu’ils ne l »ont jamais trouvé. Soit parce qu’ils se sont égarés, soit parce qu’ils ont qu’ils ont préféré établir leur maison quelque part dans un endroit qui leur plaisait.
– Ce que je sais, c’est que personne n’est jamais revenu. J’en ai aperçu de jeunes coccinelles qui voulaient à tout prix rejoindre cet endroit. Elles sont parties le cœur léger, on ne les jamais revues !
– Peut-être sont-elles toujours en train de chercher ce pays.
– Peut-être. En tout cas, si j’étais vous, je renoncerais tout de suite. Je choisirais une autre direction. »
Cette fois, ce fut au tour de Gaëtane de s’exclamer.
« Ah, ça non ! Nous voulons trouver le pays des tortues jaunes, et nous le trouverons.
– Bien parlé, Gaëtane ! Nous mettrons le temps qu’il faudra, mais nous y arriverons. Nous connaîtrons alors leur secret et nous découvrirons pourquoi jamais personne ne revient de là-bas. »
Ils dirent adieu à la coccinelle et continuèrent leur chemin. Il faisait tellement beau qu’ils riaient sans savoir pourquoi.
Souvent, ils reprenaient leur chanson préférée :
« Le soleil, la route, le ciel et le grand vent. Je suis heureux d’aller en avant. Je vais voir un endroit qui m’étonne ; je veux voir le pays des tortues jaunes ! »
Et ils riaient encore, et ils chantaient, et ils couraient parfois en se taquinant.
Aux approches de midi, ils commencèrent à avoir faim.
« Je mangerais bien un petit quelque chose, dit la fourmi.
– Moi aussi, Gaëtane. Nous avons marché la moitié de la journée sans nous arrêter. Il serait temps de nous reposer un moment. »
Ils s’assirent à l’ombre d’un gros champignon. Gaëtane fouilla un peu les alentours tandis qu’Archibald ouvrait son balluchon. Il hochait la tête en parlant tout seul.
» Voyons donc ce que nous avons comme provision. Naèva nous a donné des pétales de roses avant notre départ. C’était très gentil de sa part. Nous allons nous régaler. »
Il en prit deux, un pour lui, un pour la fourmi. Celle-ci justement revenait en courant.
« Regarde, Archibald, ce que j’ai découvert. Un buisson d’anis, à quelques pas d’ici. J’en ai rapporté plusieurs brindilles.
– Excellent, Gaëtane ! J’adore l’anis et son parfum qui est si doux. Ce sera notre dessert. Maintenant, assieds-toi ! Quel pétale préfères-tu ? Le jaune ou bien le rouge ? »
La fourmi choisit le rouge. Tous les deux mangèrent de bon appétit. Une fois le repas terminé, ils n’avaient plus faim mais très soif.
« Je boirais bien quelque chose, soupira la fourmi.
– Moi aussi. J’ai la gorge tellement desséchée que j’avalerais d’une seule traite vingt gouttes de rosée à la fois.
– Le problème c’est qu’il est midi. A cette heure, elles se sont toutes évaporées avec la chaleur.
– C’est bien dommage. Car j’ai de plus en plus soif et que je ne vois pas d’eau dans les environs. Entends-tu quelque chose, Gaëtane ? Un bruit qui ressemblerait à celui d’une cascade ou d’un ruisseau ?
– Hélas non ! Je n’entends que le vent dans les branches. »
Comme ils ne pouvaient rien faire d’autre, ils reprirent leur marche. Tout à coup, Gaëtane aperçut au loin un massif d’énormes fleurs blanches.
« Archibald, regarde là-bas ! Un bouquet de lys. Les fleurs sont longues ! Peut-être reste-t-il encore quelques gouttes de rosée dans l’une d’elles. »
Ils coururent jusqu’au bouquet. Le grillon sauta d’un bond sur le col du premier lys qui était si large et si profond qu’il aurait pu s’en servir comme maison.
« Ouah ! s’écria-t-il, Gaëtane, c’est merveilleux, le fond est tapissé de nectar. »
Le nectar est un liquide produit par les fleurs. Il se présente sous forme de gouttelettes très fines et sucrées. Les insectes des champs et des bois adorent son goût et son parfum. Bien sûr, Archibald et Gaëtane s’y précipitèrent. Pour eux, c’était à la fois une boisson et un bonbon.
Ils en étaient à savourer leur troisième goutte quand un son étrange les fit sursauter.
« Qu’est-ce donc ? demanda Gaëtane.
– Je ne sais pas. »
C’était une sorte de vrombissement, c’est-à-dire un bruit comme ceci : » Vrrraoomm, vrrr, vrraaoomm » . Cela ne dura pas longtemps. Il s’arrêta juste au moment où une forme volante, longue et rayée de jaune, se posa à l’entrée du lys.
« Une guêpe ! s’écria Gaëtane en avalant de travers son nectar. »
Oui, une guêpe, et elle n’était pas contente du tout.
« Que faites-vous dans cette fleur qui m’appartient ? »
Archibald essaya de lui expliquer.
« Madame la guêpe, nous ne savions pas que ce bouquet de lys appartenait à quelqu’un. Nous avions tellement soif que nous sommes entrés ici sans faire attention. Mais nous n’avons pas bu beaucoup de nectar, il en reste encore des centaines de gouttes. »
La guêpe était de plus en plus en colère.
« Je ne veux pas le savoir ! Ce sont mes fleurs. Vous m’avez volé mon nectar. Et moi, cela me rend méchante quand on boit mon nectar. Je vais vous faire payer cela. »
Elle battit des ailes, vola dans les airs et pointa son aiguillon vers le grillon pour le piquer. Archibald saisit son bâton et donna un grand coup sur l’aiguillon. Il avait frappé si fort que la guêpe tourna sur elle-même. Cependant, elle n’avait pas eu mal et s’obstinait à vouloir le piquer.
Alors, ils commencèrent à se battre comme s’ils tenaient des épées. Mais la guêpe avait l’avantage de pouvoir voler et frapper dans tous les sens. Archibald se fatiguait ; il allait bientôt se faire piquer.
Voyant cela, Gaëtane souleva de grosses gouttes de nectar et les jeta sur la guêpe. Elle en envoya, encore et encore, sur la tête, sur les yeux, sur les ailes… La guêpe ne distinguait plus rien. Au bout d’un moment, ses ailes aussi furent toutes mouillées et lorsqu’une guêpe a les ailes mouillées, elle ne peut plus voler. Elle ne pouvait plus se battre non plus.
Archibald était sauvé.
« Partons vite, dit le grillon. Ne restons pas là, à côté de cette méchante guêpe ! »
Ils descendirent de la fleur et se mirent à courir à toute vitesse. Lorsqu’ils furent loin, ils reprirent leur conversation.
« La guêpe en aura pour un bon moment à se sécher, Archibald. Quand elle pourra de nouveau utiliser ses ailes, ce sera impossible pour elle de nous rattraper. Nous sommes en sécurité maintenant. »
(Fin du chapitre 2)
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