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Guide de Randonnée – conseils et astuces.

Patrick Huet, écrivain et fleuve-trotteur, est connu pour avoir longé entièrement à pied le Rhône, la Saône et la Seine. Ceci en partant de leur source jusqu’à leur embouchure.

Il vous livre ici les conseils et astuces qui vous permettront à votre tour d’effectuer une sortie (quelques heures ou quelques jours) dans les meilleures conditions.

À travers ce livre, il fait part de son expérience personnelle et vous guide sur les erreurs à ne pas commettre et les points à privilégier et renforcer. Ce qui est intéressant, c’est qu’il s’agit vraiment d’expériences qu’il a vécues et dont nous pouvons en tirer un enseignement.

Pour en savoir davantage sur ce livre, voici un lien vers la page concernée : « Randonnée » .

Remarque.

Le passage que nous vous proposons est extrait du chapitre 2 « Les Risques du terrain »  .

Comme vous le constaterez, il nous parle d’une expérience réellement vécue et qui aurait pu conduire à un drame mortel. Une lecture à recommander aux aventuriers encore inexpérimentés.

Début de lecture du passage.

(Extrait sous copyright publié avec l’accord de l’auteur.)

Gravières et carrières.

Aux abords des gravières, des panneaux indiquent « Attention, berges non stabilisées » ou une formulation qui s’en approche et qui alerte le promeneur sur les dangers de s’aventurer au-delà d’une ligne déterminée.

Ces panneaux d’avertissements ne sont pas toujours présents, notamment pour les anciennes exploitations abandonnées depuis une éternité.

Qu’est-ce qu’une gravière ?

C’est une carrière d’extraction de sables et de graviers, la plupart du temps au bord d’un cours d’eau. Les alluvions transportées au fil des siècles ou des millénaires par le courant d’une rivière se sont accumulées le long de ses berges. Il arrive que certaines carrières soient éloignées de plusieurs kilomètres du bord actuel de la rivière. Ceci est causé par différents facteurs. Par exemple, le cours a pu changer de lit par rapport à ce qu’il était dix mille ans plus tôt, il arrosait alors une autre partie de la région et y avait déposé longuement ses alluvions. Lorsque les sables et graviers sont vraiment loin des abords de la rivière, on les transporte sur des tapis roulants jusqu’à des péniches.

On creuse autant que la couche d’alluvions le permet, en profondeur, largeur et longueur. Il s’agit de sables et de gravillons, donc pas de terre ni de roche – rien de solide. Si quelqu’un déambule sur le bord de l’excavation, comme rien ne soutient ce sable, le poids de son corps suffit à effondrer le haut de ce cratère. Il est entraîné au fond du trou, plusieurs tonnes de sable sur la tête. La mort immédiate par écrasement ou par étouffement.

Le premier réflexe : le premier réflexe que vous devez systématiquement avoir pour vous et pour ceux qui vous entourent dès que vous remarquez un creux quel qu’il soit — ravin, cratère, excavation de n’importe quel type —, c’est d’observer l’état du terrain. Est-ce de terre, de roche ou pas ?

Votre repère principal, s’il y a des arbres c’est bon signe. Le sol est de terre et les racines longues le stabilisent. Plus les arbres sont nombreux plus la terre est emmaillée dans les racines qui la retiennent prisonnière.

Si aucune végétation ne le couvre, ou juste une herbe légère et dispersée : danger ! Pas de végétation signifie pas de terre. Soit vous êtes en face d’un socle rocheux auquel cas, le terrain est solide. Soit, il s’agit de sables, de graviers ou d’autre chose, en résumé d’éléments instables qui s’écrouleront sous vos pieds et vous précipiteront dans le cratère.

Ne croyez pas que des panneaux seront toujours en place pour vous informer du péril, ou que seules les gravières sont concernées. Et ne pensez surtout pas ce type de cratères non balisés ne se rencontre que dans des lieux reculés loin des villes.

Un exemple frappant du danger auquel on s’expose.

Pour vous en donner un aperçu, voici un exemple qui aurait pu se terminer de façon dramatique sans ma présence d’esprit.

Je devais avoir dans les 15 ans, c’était l’été, les vacances. Je me promenais dans une petite ville du nom de Trélazé (près d’Angers) par un beau temps splendide. Et voilà qu’au-delà d’une ligne de pavillons, j’aborde un espace immense et sauvage parsemé en différents endroits de petites collines de quelques mètres de hauteur légèrement boisées. Je m’émerveille. Quel magnifique terrain d’aventures et de découvertes !

J’escalade vite la première de ces « collines ». Une fois les buissons dépassés, j’arrive devant une série de vastes cratères. J’ignorais ce que c’était. Mes yeux d’adolescent inexpérimenté ne voyaient là que de larges trous à la pente extrêmement raide et au fond desquels miroitait un lac d’un bleu absolument ravissant. Une splendeur d’azur que je n’avais jamais rencontrée. Du haut des huit mètres de ce premier cratère, je n’avais qu’une idée : toucher ce lac d’azur de mes mains. La pente, bien que très prononcée n’était pas de nature à m’effaroucher. J’avais quand même l’habitude de sautiller de roche en roche sur des coteaux. J’avais noté, sans en être aucunement choqué ni alerté, l’absence totale de végétation sur les pentes de ce cratère. La nature est si prodigue en mystère que je voyais cela sans en tirer une conclusion particulière, ni penser qu’il y avait là matière à questionnement. Bien sûr, j’avais remarqué que le sol présentait un aspect un peu bizarre, sans plus. Je ne savais même pas que ceci méritait réflexion.

J’avais déjà descendu six mètres (sur les huit) de la pente quand un étrange mouvement du sol stoppa net mes gestes. Mes yeux avaient vu le haut du cratère se déplacer d’un centimètre ou deux vers l’avant, créant une mini faille qui se prolongeait en s’amenuisant jusqu’à moi.

J’ai compris à l’instant que le sol n’était pas solide comme tous ceux que j’avais arpentés jusqu’à ce jour. Je ne connaissais que la terre compacte des buttes et la roche des plateaux. Ici, rien de tel. Je n’avais jamais rencontré ce type de terrain qui n’était pas du sol, mais un amoncellement de débris sur huit mètres de haut. Par instinct, je devinais que si je descendais encore d’un seul pas, les six mètres de déblais au-dessus de mon crâne m’entraineraient au fond du lac. Un piège.

Alors, minutieusement à pas très léger (je ne pesais que 53 kg), je me suis éloigné de cette zone sur le point de basculer. Puis j’ai remonté la pente en marchant de biais et en vérifiant chaque fois que rien ne bougeait dans les déblais avant de déplacer et de reposer mon pied un peu plus haut.

Plus tard, j’ai appris qu’il s’agissait d’anciennes carrières d’ardoise, et le terrain surélevé autour de cette excavation devenue lac, des amoncellements de débris d’ardoises concassées que j’avais pris pour un sol franc et solide.

Comprenez bien, aucun panneau à l’époque n’informait du danger. Nous étions à 10 minutes de marche d’une ville. Et de plus, ce n’étaient même pas des gravières.

FIN DE L’EXTRAIT.

Où trouver ce livre ?

Ce livre est disponible aussi bien sous version papier que sous format numérique.

– Pour la version numérique, vous pouvez en prendre connaissance sur cette plateforme (au prix de 2,99 euros), en cliquant sur : « Guide » .

La version imprimée (livre papier) est disponible sur notre site. Accédez à sa page de présentation en cliquant sur « guide de randonnée » .

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