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Les Hortours – chapitre 1

Le premier chapitre du roman à lire gratuitement.

Roman de science-fiction les Hortours, de Patrick HuetTitre de ce chapitre : « Dans l’enfer de la jungle » .

Auteur : Patrick Huet.

Genre : Aventure et science-fiction.

Destination : tout public.

Plan de cette page.

1- Explication.

2- Texte à lire, mais pas à reproduire.

3- Présentation du roman.

4- Début du premier chapitre (ici commence la lecture.)

5- Achat du livre papier pour ceux qui le souhaitent. Cliquez sur :  Lien.

6- Laisser un avis ou un commentaire (en fin de page).

1- Explication.

Le roman « Les Hortours » sous-titre « Dans l’enfer de la jungle » est une histoire écrite par Patrick Huet. Ce roman est en lecture libre sur ce site selon les voeux de l’auteur qui tenait à le partager avec ses lecteurs et leur offrir l’occasion d’une expérience originale.

D’ordinaire, seuls des extraits apparaissent sur les sites (d’ailleurs, notre propre site comporte une rubrique en ce sens). Patrick Huet a souhaité innover en ce domaine et vous présenter le texte complet de ce roman.

a) Publication par chapitre.

Ce roman sera publié par chapitre entier. Il vous sera ainsi plus aisé de naviguer dans le roman, de terminer un chapitre et de revenir plus tard pour continuer la lecture d’un autre sans avoir besoin de rechercher longuement le point où vous vous étiez arrêté précédemment en faisant défiler un nombre interminable de pages.

b) Donner votre avis.

Au bas de cette page, vous verrez une fenêtre « Laisser un commentaire ».

En effet, vous êtes actuellement sur le blog associé à notre site patrickhuet.net, vous avez donc la possibilité d’y écrire quelques mots (ou davantage).

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2- Texte à lire, mais pas à reproduire.

Ce roman est sous copyright.

Son auteur le propose seulement en lecture libre. Les citations sont permises, mais pas la reproduction et la diffusion de longs passages ou du chapitre entier.

Si vous avez un projet en ce sens, nous vous remercions de contacter Patrick Huet pour obtenir son autorisation.

Si vous souhaitez partager ce roman (ou ce chapitre) avec d’autres, merci de leur communiquer le lien de cette page. Ils pourront ainsi le lire à leur tour selon leur propre rythme.

3- Présentation du roman.

Il s’agit d’un roman à la fois d’aventures et de science-fiction qui établit un parallèle entre les fauves de la jungle (les animaux prédateurs) et une autre catégorie de fauves (des humains se comportant comme tel) dans une jungle « civilisée » de haute technologie.

Au début de cette histoire, Vaaxor vit dans une jungle aux dangers multiples. Il est confronté quotidiennement aux fauves fourmillant dans cette forêt.

Plus tard, lorsqu’il rejoint la civilisation, il devra faire face à d’autres fauves tout aussi redoutables, des humains comme lui, mais animés par la trahison et l’ambition, ainsi que par le désir de détruire et de dominer.

Résumé rapide.

Seul rescapé d’une tribu décimée par les fauves, Vaaxor vit dans la jungle. Une nuit, il vit un rêve étrange où apparaît Lahiline, une jeune fille d’une grande beauté vivant sur la terrasse d’une immense tour de 5 km de haut. Lahiline appartient au clan des Hortours, comme sont appelés les rebelles ayant refusé l’autorité de la Tour. Elle et les siens sont pourchassés par la milice, bras armé du dictateur régnant sur la Tour.

Désormais, Vaaxor n’aura plus qu’un seul but : la retrouver.

Lieu de l’action :

1) Au début – la jungle.

2) Ensuite la Tour. Une structure gigantesque de 5 km de haut sur une base au sol de 50 km².

La Tour regroupe l’ensemble des habitants de cette contrée. Une civilisation placée sous la domination d’un dictateur. Hormis les rebelles, chaque résident de la Tour voit sa volonté annihilée par l’absorption d’une drogue d’asservissement inclus dans leur alimentation.

4- Ci-dessous : Début du premier chapitre.

(N. B. Ce texte est sous copyright. Nous vous remercions de ne pas le reproduire ni de le diffuser ailleurs. Vous pouvez en revanche partager le lien si vous voulez que d’autres puissent le lire également.)

Chapitre 1- Dans l’enfer de la jungle.

Le tigre avançait dans le sous-bois avec la souplesse élégante des lianes. Il se glissait entre les broussailles sans que les épines n’éraflent le cuir épais de sa robe. Il s’arrêta un moment pour humer le vent. Une odeur de sang à peine perceptible lui chatouilla les narines.

Il n’avait pas mangé depuis trois jours et ce fumet vrilla chaque muscle de son corps. Les griffes de ses pattes jaillirent instinctivement. Elles imprimèrent le sol humide d’une série de hachures nettement tranchées.

Le tigre reprit sa marche rapide, contre le vent, en direction de cette odeur qui lui tiraillait l’estomac.

Plus haut, dans les branches, des oiseaux multicolores piaillaient, criaient, se harcelaient l’un l’autre en se pourchassant. Le tigre n’y prêtait pas attention, pas plus qu’aux émanations suaves des plantes tropicales, ni à celles, plus lourdes, qui montaient des feuilles pourrissantes de l’humus. Ses babines se retroussèrent subitement : derrière l’odeur du sang qu’il suivait depuis un moment, une autre venait de se frayer un chemin jusqu’à sa conscience de chasseur. Une odeur de chair fraîche, saine et vivante !

Son allure s’accéléra. Il progressait toutefois dans le silence le plus total. L’on ne distinguait qu’une forme redoutable zébrant le sous-bois.

Au parfum de la chair, des sons vinrent s’ajouter : des grattements, le bruit d’une carcasse qui se disloque, celui d’une respiration soutenue. Aussitôt, le tigre ralentit. Il avançait toujours, mais en un mouvement si réduit qu’il paraissait ne pas bouger. Il finit par s’immobiliser et par se tapir entre deux massifs de broussailles.

Ses yeux jaunâtres se braquèrent dix mètres devant lui et, dans leur faisceau cruel, ondulaient le dos d’un homme svelte. Un dos, à peine couvert d’une tunique en cuir brut. Les mains dansaient dans le soleil de fin d’après-midi. Elles avaient abandonné une hache de pierre dans les herbes pour vider un lièvre.

L’homme aux cheveux en pagaille écarta une fois de plus la carcasse du lièvre. L’odeur du sang jaillit, plus forte encore. Elle hypnotisa le fauve qui se dressa et bondit en avant de toute la puissance de ses muscles. Sa férocité le précéda et fulgura à travers la clairière jusqu’à l’homme brun qui se retourna, brusquement averti du danger imminent.

Il n’eut pas le temps de connaître la peur. Sa main lança le lièvre à demi vidé sur la tête du tigre encore en extension dans les airs, puis il roula de côté en empoignant sa hache. Le visage mince et jeune de l’individu se ferma sur une résolution farouche. La hache s’abattit avec rage sur le front du tigre, juste entre les deux yeux. Cependant, la vitesse du fauve était telle que, même le crâne fracassé, il continua sa course. Sa masse projeta le jeune homme par terre. Les griffes des pattes arrière déchirèrent son pantalon de cuir et lui entamèrent la peau des jambes. Celles des pattes avant frôlèrent sa gorge.

Plaqué sous les cent cinquante kilos du tigre, il se débattit un moment avant de pouvoir se dégager. Avant toute chose, hache levée, il scruta la jungle au-delà de la clairière. Aucun autre fauve ne se présentait, aucune autre manifestation de prédateurs sinon une bande de fourmis qui vaquait studieusement en quête de nourriture.

Alors, sans plus accorder d’attention au tigre, il finit de vider son lièvre en un prompt tour de main et quitta les lieux précipitamment.

Il était mince et rapide ; jeune, mais lui-même ignorait son âge. Un tiraillement monta de sa cuisse droite tandis qu’il s’éloignait à petits trots. Du sang coulait en rigoles sur son pantalon. Il examina ses blessures : elles n’étaient que superficielles – aucune veine importante n’avait été touchée. Rien de grave.

Néanmoins, dans ces lieux humides, la moindre égratignure pouvait s’infecter si l’on n’y prenait soin. Son regard vif repéra une variété de plantes qu’il savait désinfectantes. Il en cueillit une poignée et la pressa contre les coupures après les avoir nettoyées. Il attacha la compresse avec un morceau de lierre, ramassa plusieurs autres poignées de cette herbe qu’il passa dans la ceinture de son pantalon et reprit sa route.

Il n’alla pas bien loin. Un arbre gigantesque se dressa bientôt sur son chemin.

Un éclair de satisfaction brilla sur son visage et, pour la première fois, il émit un son humain.

« Mon arbre, enfin ! »

Ce fut tout. Dans la jungle qui s’étendait autour de lui, il était imprudent de discourir longuement. Les modulations de la voix coupaient ceux de la forêt. Le frôlement d’un serpent contre le tronc d’un arbre, le claquement d’aile d’un rapace géant, ou encore l’avance feutrée d’un fauve… derrière chaque écho anormalement furtif, un prédateur pouvait se dissimuler. Quand on se déplaçait dans un univers aussi dangereux que celui-ci, une oreille vigilante et un œil vif garantissaient sa survie.

Il jeta un regard autour de lui et en hauteur afin de s’assurer de l’absence d’un agresseur quelconque avant son escalade. L’arbre était si vaste que les premières branches étalaient leur feuillage à trois mètres au-dessus de sa tête. Il ne s’en soucia pas. Une série d’entailles qu’il avait incisées courait le long du tronc.

Il attacha le lièvre par les oreilles à sa ceinture puis grimpa lestement son échelle improvisée. Au-delà des premières branches, le tronc s’ornait d’une quantité de nœuds solides qui permettaient de le gravir aisément. Il gagna un deuxième niveau de ramures. Là, les branches, épaisses comme trois fois le corps d’un homme, offraient suffisamment d’espace et de solidité pour y établir un abri.

Il y avait d’ailleurs construit une hutte afin de protéger son sommeil. Elle n’était pas particulièrement travaillée. Il avait simplement courbé un certain nombre de branches secondaires choisies parmi les plus fines, les plus flexibles et les plus feuillues. Liées les unes aux autres, ces branches formaient un dôme invisible depuis le sol. Il en avait renforcé les parois par des bambous, puis les avait tapissés de chaume. Quant au plancher, constitué de bambous entrecroisés et de chaume, il supportait allègrement son poids. Une seule entrée permettait l’accès à ce nid douillet fermé par une porte, elle aussi façonnée à l’aide de bambous et de chaume.

Le jeune homme ouvrit sa hutte et y jeta un coup d’œil attentif.

Son logis était vide ! Pas d’occupants indésirables !

Il se glissa prestement à l’intérieur, referma soigneusement derrière lui et prit enfin le temps de respirer. La vue du lièvre ballottant toujours près de sa hanche lui arracha un sourire.

« Du lièvre… Les racines et les tiges, à la longue, on s’en lasse. Et les fruits on n’en trouve pas de comestibles par ici. Depuis quand n’ai-je pas mangé de la viande ?… Depuis cette nuit où… »

Il se hâta d’enfouir dans les replis de l’inconscience la vision d’horreur qui surgissait déjà de sa mémoire.

Une large pierre plate et creuse contenait des brindilles et des morceaux de branches sèches. Il y mit le feu, usant pour cela de deux pierres à étincelles. Il embrocha le lièvre sur un rameau dénudé et le fit tournoyer lentement au-dessus de ce foyer. L’odeur de viande rôtie montait dans la hutte. Il n’y résista pas. Bien que la bête fût aux trois quarts cuite, il mordit dedans avec la voracité d’un homme affamé, ce qu’il était assurément.

Le parfum alléchant traversa les murs de feuilles et se répandit alentour en volutes excitantes. Quelque part dans la jungle, des narines se levèrent sur son passage, des babines se retroussèrent. Une langue passa avidement sur des crocs jaunes, proéminents, et une masse imposante s’ébranla.

Dans la hutte, le jeune homme continuait son repas sans autres soucis que celui de se régaler de son rôti, si absorbé par le jus tiède du lièvre qu’il ne sentit pas la branche sous ses pieds se ployer peu à peu. Ses yeux à demi clos se perdaient dans leur propre langueur.

La branche se courba soudain plus franchement. La porte de bambou, pourtant solidement fixée par des lianes, fut arrachée violemment. Les épaules énormes d’un géant velu parurent à contre-jour.

« Un Xortil ! » s’exclama le propriétaire des lieux.

D’un bon, il se dressa, la main fermée sur la hache.

Le monstre, moitié homme, moitié singe, tournait sa tête formidable en direction de l’humain. Ses narines dépourvues de nez humaient les effluves du rôti. Ses petits yeux ronds allaient du lièvre abandonné près de la pierre plate au garçon qui s’en éloignait doucement. Les crocs de prédateur du Xortil hachaient les airs.

Un seul mouvement du bras et le Xortil aurait pu s’emparer du rôti. Ce point n’émergea pas de sa conscience. Ces demi-humains ne connaissaient pas la réflexion. Pour eux, tout autre bipède aperçu dans leur territoire était un ennemi… à abattre.

Dans un hurlement sauvage, il écarta les parois de l’entrée. Les ramures plièrent, mais ne rompirent pas. Leur souple résistance décupla sa fureur. Il brisa leurs liens, arracha le chaume et les feuillages. Le dôme s’évasa brutalement tandis que les branches retrouvaient leur position d’origine.

Toujours en hurlant, le Xortil se jeta sur le jeune homme. Ce dernier ne pouvait fuir. Le Xortil, plus agile que lui dans les arbres, l’aurait suivi et rattrapé. Autant se battre là où il pouvait poser son pied ! Il leva sa hache de pierre et en frappa son adversaire une fois et demi plus grand que lui. Le manche de la hache rebondit sur l’avant-bras du monstre. Des bras plus épais que ses cuisses le saisirent, le ceinturèrent et commencèrent à serrer. Torse comprimé, le jeune homme suffoquait. Il sentait déjà ses côtes grincer. Dans un instant, elles se briseraient sous l’étreinte du Xortil.

Dans un dernier espoir, il leva sa hache et percuta le front du géant. Un beuglement horrible jaillit des babines couvertes d’écume. Le Xortil tomba sur les genoux. Son étau se desserra. La hache frappa une seconde fois. Cette fois-ci, le Xortil s’effondra définitivement. Des spasmes secouaient son corps gigantesque, mais il n’était plus dangereux.

Le garçon se tint néanmoins sur ses gardes, puis se hasarda à décocher un coup de pied dans le flanc du Xortil. Le monstre ne remua pas. Même dans la pénombre grandissante de la soirée, on voyait, sans doute aucun, que la bête ne bougerait plus jamais.

Il inspecta les débris de ce qui fut sa demeure. Branches cassées ou étendues, bambous et chaumes éparpillés… il lui aurait fallu plusieurs heures pour se confectionner une nouvelle hutte avec les ramures épargnées.

Il leva les yeux vers le ciel qui s’assombrissait et grimaça un sourire désenchanté. La nuit s’approchait et, avec elle, la ronde des prédateurs les plus féroces de la jungle. Rester à découvert, c’était prendre le risque que le vent entraîne son odeur vers un mufle aiguisé. Le tronc de son arbre, extrêmement vaste, accueillerait volontiers les griffes d’un fauve dont les fortes branches supporteraient le poids sans broncher. Et même s’il allumait un feu dans la pierre creuse, le foyer n’aurait pas suffisamment d’envergure pour arrêter un chasseur déterminé.

Sa vie allait se jouer dans les instants qui suivraient : demeurer ici et tenter de se dissimuler dans les feuillages en espérant passer inaperçu ou partir à la recherche d’un abri.

– La falaise ! s’exclama-t-il sourdement. Si j’arrive à pénétrer dans l’une de ses grottes, je serais en sécurité ! Avec un peu de chance, peut-être qu’au moins l’une d’elles sera libre, sinon…

La perspective de s’agripper à une corniche durant toute la nuit ne l’enchantait pas. Il l’avait déjà fait une fois, avant la construction de sa hutte. C’était la fameuse nuit où …

Il secoua la tête pour évincer les souvenirs terribles qui remontaient à la surface de sa mémoire et arpenta le plancher dévasté de ce qui fut son logis. D’un geste vif, il saisit un sac de cuir, y déposa le reste du lièvre. Il le cala avec les herbes cicatrisantes ramassées peu avant et deux pierres à étincelles. Un couteau en os et une torche rudimentaire les suivirent, puis il passa le sac en bandoulière. Ensuite, sans lâcher sa hache, il dévala les entailles du tronc jusqu’au sol.

Sans prendre le temps de respirer, il fila entre les arbres et les broussailles. Son œil tentait de pénétrer les buissons épineux. Leur ombre s’épaississait, devenait agressive, chargée de menaces. Il étreignit plus fermement son arme et n’en courut que plus vite.

Il déboucha soudain à l’air libre. La forêt s’arrêtait net et l’humus cédait la place à une plaine de pures rocailles. Plus loin, une falaise abrupte dressait ses huit cents mètres face au soleil couchant. Elle s’étirait sur une largeur que le jeune homme n’avait jamais pris la peine de mesurer. Elle était véritablement énorme !

Ses pieds avancèrent malgré lui dans un concert de claquements secs et horriblement sonores. Il avait beau y porter attention, les galets s’entrechoquaient entre eux. L’écho de leurs chocs s’élevait comme un gong dans les pastels du demi-jour. Un effet de son imagination peut-être, il l’espérait !…

Enfin, la base de la falaise. Les premières prises, simples et très accessibles, s’offraient à ses mains. Il passa sa hache à sa ceinture.

Le vent changea de direction et lui porta une odeur musquée. Il tourna vivement la tête. Là-bas, sur sa gauche, à moins de cinq cents mètres, deux éclats jaunâtres brillèrent dans la pénombre. Deux éclats féroces qui se rivèrent sur lui.

« Un Xac ! »

Un Xac ! Un des prédateurs les plus acharnés de la jungle. Plus grand qu’un tigre et redouté pour sa ténacité, il n’abandonnait jamais sa chasse une fois celle-ci commencée, poursuivant sa proie aussi longtemps qu’il le fallait. Dans les tribus, autrefois, lorsqu’un des membres avait esquivé l’assaut d’un Xac et avait réussi à s’enfuir, les hommes s’armaient aussitôt et veillaient les jours suivants. Le Xac ne tardait jamais à se montrer. Contrairement aux autres fauves, il ne craignait pas le feu, ou peut-être, l’ardeur de la chasse la lui faisait-elle oublier. Un combat mortel s’engageait alors. Dans sa folie meurtrière, le Xac frappait quiconque s’interposait entre lui et sa proie… Une furie démentielle.

L’espèce était en voie de disparition, car le Xac persistait au-delà de toute raison à capturer la proie sur laquelle il avait jeté son dévolu. Elle lui échappait rarement, il était bien trop puissant et par trop acharné. S’il arrivait que sa proie se pelotonnait dans une niche inaccessible, il la guettait toujours. La proie finissait par mourir de faim et le grand fauve, dans son obstination, mourait également quelque temps plus tard si aucune friandise ne passait à proximité de ses griffes. Car lui ne quittait pas les lieux.

Dans le cas inverse, si la proie élue, n’apercevant plus le Xac alentour, tentait une sortie, ce dernier, d’une soudaineté foudroyante, jaillissait d’un taillis et mettait un terme à la vie de son gibier et en même temps à sa garde.

En voyant donc le carnassier le fixer, le jeune homme sut qu’il devait agir rapidement. Le fauve, presque aussi haut que lui sur ses pattes, ne pouvait être vaincu par une simple hache. Ses griffes le déchireraient avant que le tranchant de pierre ne frappe son crâne.

Il bondit sur les aspérités de la falaise et, sans se soucier des coupures de ses doigts et genoux sur la roche, se propulsa aussi vite qu’il le pouvait vers le haut. Il s’aidait aussi bien de ses pieds que de ses mains, se cassait des ongles dans sa précipitation, mais ne ralentissait pas un instant.

Le fauve non plus. Bien que la rocaille rendît toute progression instable, sa robe fauve fendait les airs à une allure impossible. Moins de dix secondes plus tard, il bondissait sur le jeune homme. Celui-ci, déjà à quatre mètres au-dessus du sol, eut juste le temps de relever ses genoux. Les griffes du Xac venaient de frôler sa jambe. Il continua à monter. Hors de portée des bonds du Xac, il regarda un moment sous lui.

Le fauve ne bronchait pas, ne rugissait pas. Ses pattes avant frappaient le versant abrupt en vain. Le granit qui le constituait opposait une résistance inébranlable à ses griffes. Elles glissaient sur la roche sans parvenir à s’y incruster.

Le garçon poussa un soupir de soulagement et reprit son ascension.

La bouche d’une grotte ne tarda pas à se révéler sur sa droite. La falaise en recelait une bonne douzaine. Il changea légèrement de cap et s’en approcha prudemment.

La fameuse nuit où il s’était accroché à une corniche, c’était beaucoup plus loin à gauche, des Xortils habitaient les grottes. À l’époque, il avait cru qu’ils les occupaient toutes. Aussi s’était-il éclipsé dès l’aube sans se faire remarquer puis s’était construit une hutte. Son logis bâti, il ne s’était plus soucié des grottes bien qu’il observât par la suite que la tribu de singes géants ne se rassemblait que dans un secteur limité de l’escarpement.

Cela signifiait-il que les autres cavités étaient libres ? Il le saurait bientôt !

Il avança en gestes lents. La grotte se noyait de silence. Alors, il déploya son corps mince et se hissa dans la bouche. Le crépuscule s’étendait sur la falaise. Il voyait encore un peu sur les deux premiers mètres à l’intérieur de la caverne. Un voile de ténèbres enveloppait le reste.

Pas de Xortil en vue. Ces singes géants vociféraient constamment, il n’aurait pas manqué de les entendre. Il s’adossa contre la roche et s’épongea le front. Un coup d’œil au pied de la falaise montra le va-et-vient d’un grand fauve souple.

Un Xac n’abandonnait jamais sa proie !

Du fond de la grotte monta un raclement feutré accompagné de chuintements. Le jeune homme s’empara de sa hache. Un son aussi léger ne pouvait provenir d’un Xortil, peut-être d’une famille de rats. Dans ce cas, il devra les abattre pour ne pas être mordu ou se retrouver la gorge percée de canines voraces durant son sommeil.

Une masse sombre, plus noire que les ténèbres, remua au fond de la grotte. Sur son passage, les chuintements gagnaient en volume. Deux paires de pattes maigres, noires et griffues, trouèrent la nuit, puis d’autres pattes encore, et enfin le corps monstrueux d’une araignée géante. Ses mandibules claquèrent en apercevant l’homme brun devant elle.

Face à un rival aussi colossal et redoutablement armé, Vaaxor préféra s’esquiver. Il regagna la paroi de la falaise et grimpa très vite. L’araignée sortit à demi de la grotte. Plusieurs de ses pattes fouettèrent le granit au-dessous de ses talons. Il accéléra ses mouvements. À son grand soulagement, elle reposa ses pattes et se retira au fond de son repaire.

Rendu encore plus méfiant après cette mésaventure, il ne pénétra pas immédiatement dans la deuxième cavité qu’il rencontra quarante mètres plus haut. D’abord, il écouta attentivement. Rien ! Il se hissa alors à l’intérieur et sortit de son sac la torche et les pierres à feu. Dans la lumière du crépuscule, il ne distinguait que l’entrée de la grotte.

Quelques chocs adroits d’une pierre contre l’autre et la résine de la torche grésilla sous les premières étincelles. Une flamme brunâtre s’étira bientôt et répandit sa clarté fumeuse alentour. Elle prit de l’ampleur et le garçon put visiter les lieux.

La grotte était vaste ; ses parois de granit étincelaient et renvoyaient l’éclat de sa torche. Vers le fond, là où le jour pénétrait rarement, un large paquet de branches et de feuilles emmêlées reposait sur la roche. Le fagot lui arrivait à la taille. Quand il se pencha au-dessus, il s’aperçut qu’il était creux et qu’une couche de mousses et de plumes en tapissait l’intérieur, recouvrant en partie trois formes blanches ovoïdes.

« Des œufs ? Ça alors, c’est un nid ! »

Un formidable battement d’ailes trancha soudain le silence. Un oiseau gigantesque atterrit subitement à l’entrée. La lumière de la torche attira aussitôt son regard et sa fureur. Il tenait de l’aigle par sa posture et son allure générale, mais un aigle géant, deux fois plus grand qu’un homme.

Reculer ? Pour éviter l’affrontement et les coups de bec et de serres aiguisés comme des poignards ? Il entama bien un mouvement en ce sens, inutilement. Une femelle défend son nid avec hargne !

L’oiseau ne pouvait voler dans la grotte, il se jeta donc sur Vaaxor dans un fracas de piaillement suraigu.

D’un bond sur le côté, il esquiva le bec tranchant qui fondait sur lui. Sa hache décrivit un arc de cercle fulgurant et brisa le crâne aussi large que ses épaules.

Il se glissa le long des plumes et dégagea la torche. Des flammes couraient déjà sur le plumage gris, il les étouffa rapidement et se dirigea vers l’entrée. Ce genre de rapace vivait en solitaire. Une chance ! Il ne tenait pas à en combattre un deuxième.

Le ciel était maintenant totalement sombre hormis les pointes argentées des étoiles. La nuit avait recouvert toute la région ; le Xac au pied de la falaise n’était plus visible. Pourtant, il se camouflait quelque part en bas, le jeune homme le sentait. Il se pencha un peu plus. Et l’araignée ? Elle escaladerait aisément les quarante mètres qui les séparaient si l’envie lui en prenait. L’envie ou plutôt… la faim.

Il retourna vers le fond, traîna le grand oiseau à l’entrée et le fit basculer hors de la grotte. L’odeur de cadavre attirait toujours les charognards. Il ne tenait pas à les voir apparaître durant la nuit. Cela fait, il poussa l’énorme monceau de branches et de mousses près de l’entrée. Il en en sépara une belle quantité qu’il garda en réserve et mit le feu au reste du nid. Même les araignées craignaient les flammes !

– Pendant quelque temps, je mangerai à ma faim ! chuchota-t-il en pesant du regard les trois œufs du diamètre de son avant-bras au milieu du bûcher. Je me souviens qu’autrefois, on s’en régalait dans ma famille.

Il chassa vite cette pensée avant que les souvenirs ne blessent sa mémoire.

Il retira de son sac le lièvre à demi cuit et finit de les dévorer. Ensuite, il s’adossa contre le granit. Les flammes vives et claires du bûcher crépitaient sous la voûte de la grotte. Elles dansaient dans la pénombre en sarabandes hypnotiques.

Insensiblement, les cils du garçon s’abaissèrent et il sombra dans un sommeil profond.

Le jour apparut soudain. Un soleil étincelant qui perça l’écran de ses paupières. Il ouvrit grand ses yeux, mais dut se les protéger aussitôt tant la lumière envahissait ses pupilles.

Les parois ! Où étaient les parois de granit ?… Plus de parois, plus de grotte, plus de falaise. À la place, un jardin merveilleux où l’herbe avait la couleur de l’espoir. Des fleurs magnifiques, roses, bleues, mauves, répandaient un parfum d’une légèreté incomparable. Et ces fruits jaunes qui pendaient là-bas, aux branches des arbres, il sentait leur saveur sur le bout de sa langue. Des petits animaux joueurs gambadaient sur l’herbe et s’amusaient à se pourchasser.

Une voix, douce comme une matinée de printemps, l’appela. Il pivota sur sa droite.

Le soleil brillait si fort qu’il devait fermer à demi ses paupières. Et malgré cela, le brasillement l’empêchait de voir clairement cette silhouette féminine aux cheveux si longs qu’ils scintillaient autour de sa taille en vagues lumineuses.

– Qui donc es-tu, beau jeune homme ? Interrogea la voix, et d’où viens-tu ?

Étourdi par cette présence autant que par ce flamboiement doré, il bégaya.

– Je… je m’appelle Vaaxor. Je viens de… d’un endroit où… où cela ne brille pas comme ici.

– Raconte-moi donc ! Quel est ton pays ?

Il lui narra la jungle. Cette forêt immense où chaque buisson pouvait dissimuler un prédateur, où ne survivait que celui qui frappait le premier. Un monde où la fureur brutale faisait force de loi, où l’unique objectif était de tuer avant d’être, soi-même, massacré au détour d’un sentier.

Un monde où les reflets du jour pénétraient mal dans le sous-bois, où l’on se déplaçait furtivement, où l’on devait restreindre ses paroles à un faible chuchotement.

– Un bien étrange univers que le tien, Vaaxor. Je n’aimerais pas y résider. Mais rassure-moi, tu ne vis pas seul, là-bas, dans cette forêt que tu appelles la jungle ? Tu ne m’as rien dit sur tes amis ni sur ta famille ?

Une douleur subite figea les traits du garçon. La fille s’en aperçut.

– Qu’as-tu, Vaaxor ? Pourquoi cette souffrance que je vois soudain sur ton visage ? Mes paroles t’ont-elles blessé ?

– Oh, non ! Pas tes paroles, jeune fille. Ta voix est trop douce. Elle caresse mon âme comme la brise caresse parfois ma joue.

– Mais alors… je ne comprends pas…

Vaaxor secoua sa tête, respira profondément. Ses lèvres crispées murmurèrent.

– Quelque chose… quelque chose s’est passé, et ce fut…

– Raconte-moi, Vaaxor ! Partage la peine de ton cœur avec le mien.

– Cela s’est déroulé quelques mois, ou quelques années auparavant, je ne sais plus. Je n’ai pas tenu le compte des journées. Et dans la jungle, chaque jour qui s’éteint est semblable au précédent. Autrefois, dans mon village, il était de coutume de compter les années, mais ce qui arriva fut si brutal que je suis resté longtemps abasourdi. J’appartenais à l’époque à une tribu d’une quarantaine de personnes, peut-être la dernière qui subsistait dans la jungle. Notre sorcier racontait parfois que, très loin dans le passé, nous vivions dans d’immenses villages, mille fois plus grands que le nôtre, et dans des huttes de pierre qui dépassaient le sommet des arbres. Il exagérait sans doute, on ne peut construire des huttes en pierre, et encore moins de ces dimensions ! Il ajoutait aussi qu’à la suite d’une guerre, nous avions dû nous cacher au fond des bois et qu’il en était ainsi depuis plus de mille ans. Je n’ai jamais cru cette légende. À l’égal des autres garçons, j’apprenais surtout à chasser avec les adultes. Les années ont passé, j’ai grandi, et un soir, au crépuscule, alors que je m’étais éloigné à la recherche d’une liane pour renforcer ma lance, une troupe de fauves a brusquement surgi dans le village. Je n’en avais jamais vu autant à la fois. Ils étaient aussi nombreux que les membres de ma tribu, peut-être plus ! Pas un des miens n’eut le temps de s’échapper. Les fauves affamés, déchaînés, méprisèrent les flammes de notre bûcher central et se précipitèrent à l’intérieur des huttes. J’ai réussi à en tuer un de ma lance, avant de me réfugier dans l’arbre le plus proche quand deux de ces tigres se ruèrent vers moi. Ce fut un massacre !… Quant à moi, je n’avais d’autre choix que la fuite. De branche en branche, je pus quitter les lieux. Depuis, je vis en solitaire dans la jungle et… et…

La voix douce de la jeune fille caressa de nouveau le chasseur orphelin. Elle apaisa sa douleur.

– Je comprends ta peine, Vaaxor. Mais tu n’es pas obligé de vivre seul, et encore moins dans la jungle. Il existe d’autres humains, tu sais, des hommes, des femmes. Et moi aussi, j’existe ! Si tu voulais habiter ici, dans mon jardin, je serais heureuse de t’accueillir.

Un grand sourire éclaira le visage de Vaaxor. Un vrai sourire, de joie et de bonheur.

– Rien ne me ferait autant plaisir. Dis-moi, quel est ton nom ?

Dans la lumière étincelante qui brillait autour de la jeune fille et qui empêchait Vaaxor de l’observer distinctement, un voile sombre apparut et s’écroula soudainement. Il couvrit la merveilleuse silhouette aux longs cheveux et l’emprisonna totalement.

La fille hurla en se débattant… Vaaxor bondit à son secours. Le voile semblait presque vivant. Vaaxor le voyait palpiter nerveusement. Le garçon n’en courut que plus fort. Un lasso lui entoura soudain le cou et stoppa sa course. Il suffoquait, la nuque à demi brisée. Le lasso le tirait en arrière.

– Non ! cria-t-il dans un râle. Nooon !

Et le lasso l’entraînait toujours en arrière. Ses pieds quittaient le sol.

– Nooon ! cria-t-il une nouvelle fois en voyant le jardin s’éloigner au-dessous de lui.

Sous le voile noir, une silhouette humaine continuait de se débattre, déchirant les airs de ses appels à l’aide. Vaaxor avait beau s’agiter, le lasso lui volait sa respiration et l’emportait à une vitesse croissante.

– Je reviendrai, clama-t-il en un ultime au revoir. Jeune fille, je reviendrai !

Toujours suspendu au lasso, il dépassa le jardin merveilleux. Ses yeux s’agrandirent, car ce jardin se trouvait sur le sommet d’une montagne gigantesque aux parois plus lisses que celles de la falaise de granit et percées de trous carrés qui réfléchissaient les lueurs du ciel.

Toute la clarté disparut à cet instant. Plus de flamboiement, plus de soleil, seulement des ténèbres et ce lasso qui l’étouffait ! Une lanière épaisse, écailleuse et vibrante de froideur lorsque ses doigts l’agrippèrent.

Des pointes lumineuses lui parvinrent. Il discerna les braises de son bûcher quasi éteint, la voûte de la grotte… et le long corps sinueux d’un serpent constricteur. Ce type de reptile ne produisait pas de venin, il écrasait sa victime dans l’étreinte inexorable de ses anneaux.

Vaaxor faiblissait. Sa hache… Sa précieuse hache, là, à gauche de sa jambe. Le torse à moitié brisé, il se débattit néanmoins avec tant de vigueur qu’il accrocha son arme du pied et l’attira vers lui. La suite se déroula à la vitesse de l’éclair. Sa main saisit le manche de bois et la hache fracassa la tête du serpent. Les anneaux se détendirent aussitôt et Vaaxor sortit du piège en haletant.

Tout en reprenant sa respiration, il alimenta le foyer des branches empilées à l’écart. Les flammes jaillirent dans la grotte. Muni d’un rameau enflammé, il examina attentivement les lieux. Aucun autre animal ne s’était réfugié ici. Une tache plus sombre que le granit alentour appela son attention. Il y approcha son flambeau. Un boyau indistinct de par ses modestes proportions perçait la roche. Il ne l’avait pas remarqué lors de son premier passage. Le serpent venait de là.

Il s’employa alors à le boucher avec les éclats de pierre autour de lui. Le travail terminé, il se débarrassa du reptile comme il l’avait fait avec l’aigle en le jetant par-dessus bord. Il reprit ensuite sa position assise, le dos contre le granit, la hache près de la main.

Le sommeil lui refusa son asile. Il restait là, se réchauffant à la chaleur du bûcher, le regard perdu dans la sarabande des flammes. Cependant, il ne voyait ni les flammes, ni le sol, ni même les ténèbres environnantes.

Ce que ses yeux à demi fermés découvraient, c’était le brasillement de longs cheveux sur la taille d’une jeune fille. Une demoiselle merveilleuse qu’il ne pouvait distinguer nettement tant le soleil étincelait autour d’elle. Puis, la chute de ce voile, cet appel au secours… Ce jardin au sommet d’une montagne lisse et percée de trous carrés.

Le feu s’apaisait dans le bûcher. Il y jeta une poignée de branches et reprit sa place contre le roc. Déjà, le souvenir de son rêve s’estompait, des détails disparaissaient. Mais la silhouette rayonnait encore dans son cœur, et son cri déchirant résonnait toujours dans son crâne.

Alors, dans son demi-sommeil, à la frontière ténue du rêve et de la réalité, Vaaxor se raidit.

– J’irai la chercher ! Je la trouverai et la sauverai de cette chose qui s’est abattue sur elle. Et cette montagne ? Je dois la trouver, je le dois ! Dès demain, je partirai à sa recherche… Je viendrai, jeune fille, où que tu sois, je viendrai !

Le sommeil borda cette décision irrévocable. Vaaxor ronflait comme un enfant.

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