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La fin des écrivains d’ici 2 ans ?

Est-ce la fin du métier d’écrivain ?

Article écrit par Patrick Huet.

S’il est un métier que l’on pense a priori indéboulonnable, ancré dans les fondements mêmes de la civilisation, c’est bien celui d’écrivain.

Personne n’oserait imaginer que ce métier pourrait un jour disparaître, comme a disparu par exemple celui de sabotier.

Nous avons tellement l’habitude de voir des livres s’étirer sur des étages de rayonnages, de voir tout un chacun se saisir d’un stylo pour noircir (ou bleuir) les pages d’un cahier ou d’un carnet, d’entendre ou de lire des reportages sur des écrivains que l’on a tendance d’une part à mélanger tous ces faits et d’autre part à oublier que l’évolution d’une société peut conduire à l’effacement de l’une ou l’autre de ses parties.

Qu’est-ce qu’un écrivain ?

Avant d’aller plus loin dans mon propos, il est nécessaire de clarifier quelques points.

Définissons d’abord ce qu’est un écrivain.

Définition d’un écrivain :

À l’heure actuelle, un écrivain est une personne qui écrit ou plus exactement qui rédige (par le biais d’un stylo, d’un crayon, d’un clavier, d’un dictaphone…) un texte de création. Ce texte pouvant être très varié. Un roman, une nouvelle, un guide touristique, une poésie, un texte philosophique, une biographie historique…

L’art de l’écriture se manifeste dans des genres très différents, mais le point principal à retenir, c’est qu’il s’agit d’une création.

Le travail d’un écrivain.

L’auteur entreprend d’abord un travail d’imagination au cours duquel,

1) il cerne le sujet qu’il va aborder, puis

2) il traduit par des phrases ce qu’il souhaite exprimer.

L’élément essentiel, ce qui va guider son écriture, c’est bien sûr l’étape 1 (car si l’on ne sait pas ce que l’on veut écrire, on ne risque pas de l’écrire.). J’appelle cette étape la construction du scénario, utile aussi bien dans la préparation d’un roman que d’une biographie sur Louis XIV ou sur l’histoire de Paris.

Ensuite vient la phase numéro 2, où l’on exerce ses talents de rédacteur pour mettre en mots, les idées imaginées à l’étape numéro 1, dans le scénario.

Un logiciel de création de textes par ordinateur.

Ce que l’on pensait impossible voici un demi-siècle ou même 25 ans en arrière est aujourd’hui accompli.

Sans m’étendre sur la technologie, je dirai simplement que les chercheurs ont développé des logiciels permettant de produire des textes de façon autonome.

En bref, il suffit d’entrer dans la machine les éléments que l’on souhaite voir figurer et le logiciel fournit en quelques minutes un texte de la longueur voulue, et même un roman complet si l’on en a formulé auparavant la demande.

Et ne croyez pas qu’il s’agit de science-fiction !

Ces logiciels existent déjà. En 2016, des romans générés par des logiciels sont parvenus à franchir le barrage des prix littéraires pour se trouver en position finale d’éligibilité. Aucun n’a été primé pour le moment, mais nous n’en sommes qu’au début.

Qualité des textes auto-générés par ordinateur ?

Cela a demandé certainement un gros investissement de temps et de moyens, et selon les premiers lecteurs la qualité est présente, bien que de grosses anomalies peuvent parfois survenir. Toutefois, cela se corrigera avec l’amélioration des logiciels.

Et pour cause, le style, les tournures de phrases, et les règles du français sont certainement intégrés dans le logiciel par des spécialistes de la langue (des professeurs de haut niveau, des linguistes.)

Mes prédictions pour le futur.

Au vu de ces éléments et de la technologie existante, voici mes prédictions pour un futur très proche.

1- La fin du métier d’écrivain tel que nous le connaissons.

2- L’évolution du métier d’écrivain pour celui de scénariste.

Attention ! Je n’affirme à aucun moment la disparition de l’écriture, ni la disparition de personnes qui écrivent. En revanche, j’affirme que beaucoup, puis la majorité (et pour finir la quasi totalité d’ici une trentaine d’années) s’empareront de ces logiciels de rédaction automatique de textes.

Imaginer les idées, puis faire rédiger le texte par la machine.

Cela revient en fait à un métier de scénariste. C’est-à-dire concevoir les situations et le déroulement des événements qui s’enchaînent dans une histoire.

La mise en forme de la rédaction sera dévolue à la machine.

Voilà en résumé vers quoi se dirigeront les écrivains dans un futur relativement proche.

Pourquoi les écrivains se transformeront-ils en scénaristes ?

En vertu de la loi du moindre effort.

On peut le regretter ou pas, mais il est certain que la grande majorité de la population s’est toujours laissée guider par cette loi.

Il suffit de constater avec quelle facilité et quelle rapidité, les Occidentaux se sont précipités sur les mini-valises à roulettes pour transporter 3 ou 4 kilos sur quelques dizaines de mètres (et se plaindre ensuite de grossir) alors que leur corps est en parfait état de marche, pour réaliser que si un effort peut être évité, ils l’éviteront.

Alors, si l’on peut se passer de ce long travail de rédaction, pendant des semaines et des mois, et que l’on peut voir ses belles idées mises au propre dans une langue claire en quelques minutes… très peu y résisteront.

Quelques écrivains résisteront, la majorité basculera.

Certes, je ne doute pas qu’un certain nombre d’écrivains (dont je suis) répudieront toute forme de mécanisme pour élaborer eux-mêmes leurs propres phrases.

Mais combien résisteront à l’attrait de ce nouvel outil ? Alors qu’il leur ouvre des possibilités infinies.

Une avalanche de romans à venir.

Le premier avantage d’un logiciel de rédaction automatique est qu’il peut produire des livres à une vitesse extravagante. Là où un écrivain met des mois, la machine ne prendra qu’un quart d’heure.

Une explosion du nombre d’auteurs.

Autre point inéluctable : la multiplication des auteurs.

Souvent des personnes croisées durant des salons ou des expositions m’ont fait part de quelques idées d’histoires en insistant sur le fait qu’elles m’offraient ces idées dans le but que je rédige le livre (ce que je ne pouvais accepter, ayant mes propres projets d’écriture).

Désormais, elles n’auront plus besoin de me les communiquer. Il leur suffira d’intégrer ces idées de départ dans un logiciel, et le roman sera écrit.

Chacun des habitants est animé par des idées, des histoires que parfois il imagine, des projets. Ce ne sont que des rêveries qui ne franchissent que très rarement le cap des rêves. Avec l’émergence de ces nouveaux logiciels, chacun pourra donner corps et livres à ses rêveries.

S’adapter ou disparaître.

Les écrivains professionnels (ceux qui actuellement vivent de leur plume) seront bien obligés de faire face à ce défi technologique.

Une telle avalanche de livres, de romans, et de textes de toutes sortes vont déferler sur le marché du livre !

Le numérique en avait déjà ouvert la voie, mais ce n’est rien en comparaison de ce qui va survenir. Car, chaque rêverie, de chaque personne, pourra être rédigée sous forme de livre en un quart d’heure.

Pour percer dans cette multitude ou pour surnager, le marketing des maisons d’édition présentera une poignée de leurs « écrivains protégés » comme des superstars incontournables (ce qui a déjà bien commencé d’ailleurs).

Mais ceci ne concernera qu’une vingtaine de personnes.

Comment survivre en tant qu’écrivain professionnel ?

Les autres devront se distinguer d’une autre façon : soit trouver quelque chose qui capte l’attention du public de façon frappante (s’ils continuent à rédiger leurs propres textes), soit utiliser les logiciels de rédaction automatique pour « rester dans la course » en produisant du texte aussi vite que les autres.

Autrement, ils seront noyés sous le tsunami des livres produits et disparaîtront dans la masse.

Remarque.

Cela ne signifie aucunement qu’ils disparaîtront physiquement (pas tout de suite), mais que le public n’aura pas connaissance de leurs écrits. De ce fait, la génération suivante, désireuse de réussir dans le domaine de l’écriture, gommera les réticences des derniers à rédiger eux-mêmes, pour utiliser les machines automatiques.

En conclusion. Est-ce bien ou mal ?

Suis-je pessimiste face à cette évolution ?

Pas vraiment. Il n’est pas en ma nature d’être pessimiste. Il s’agit simplement d’un regard froid sur l’évolution qui nous attend.

Je ne peux pas dire, en cette année 2016, si cette évolution sera bénéfique ou maléfique, si c’est une bonne ou une mauvaise chose, mais il est de fait, que c’est inéluctable.

Les logiciels de création de textes existent, ils sont en cours d’amélioration constante et deviendront de plus en plus performants, dès qu’ils seront commercialisés, la population s’en emparera. Tout comme elle s’est munie d’une calculatrice pour effectuer ses comptes, elle utilisera cette application pour envoyer des lettres et concevoir les romans issus de ses rêveries.

Il n’est même pas sûr que moi-même, dans 15 ou 20 ans, je n’utilise pas ces logiciels.

À l’heure actuelle non. Je continue de rédiger à la main, car j’aime trop l’écriture et j’éprouve un grand bonheur à rédiger. Mais j’ignore ce que sera ma réaction ni mon état d’esprit dans vingt ans.

Ce qui est certain, c’est que l’avenir nous réserve un horizon extraordinaire.

Des ouvrages encore rédigés de la main de leur auteur.

D’ici là, je ne peux que vous conseiller quelques-uns de mes ouvrages, écrits entièrement à la main, et au stylo de plus !

Et pourquoi pas mon dernier roman : Ganaël, mystères aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

Que vous pouvez consulter par le biais des liens suivants :

Pour la version papier : cliquez sur Ganaël.

Pour la version numérique : cliquez sur Elfe.

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